Société

Cameroun : Le gouvernement annonce la fermeture de 1 400 églises

L’annonce, motivée par le décès d’une fillette de 11 ans et par des dérives constatées, divise profondément fidèles et responsables religieux à travers le pays.

Le gouvernement camerounais prévoit de fermer 1 400 églises de réveil considérées comme illégales. Cette décision, rendue publique par le ministre de l’Administration territoriale, vise à réguler un secteur où la multiplication des lieux de culte sans autorisation officielle est devenue préoccupante. Si l’opération cible principalement des structures dépourvues de reconnaissance administrative, elle suscite des interrogations. Plusieurs responsables religieux ont d’ailleurs réclamé des clarifications sur les critères retenus pour procéder à ces fermetures.

Dans la capitale, les réactions sont partagées. Des fidèles dénoncent une atteinte à leur liberté religieuse, tandis que d’autres soutiennent la démarche des autorités, estimant que toute organisation cultuelle doit se plier à la réglementation en vigueur.

Une opération déclenchée après plusieurs controverses religieuses

Cette annonce intervient dans un contexte marqué par la mort d’une enfant de 11 ans à Yaoundé, une affaire dans laquelle la personne mise en cause était liée à une église de réveil. Les autorités évoquent également d’autres dérives, telles que des pratiques dangereuses et un manque cruel d’encadrement. En 2025, près de 200 établissements avaient déjà été fermés dans un seul arrondissement de la capitale pour les mêmes motifs.

Pour de nombreux croyants, la question du statut légal reste toutefois secondaire. « Nous venons chercher Dieu », confient plusieurs fidèles rencontrés dans les quartiers concernés, soulignant le fossé qui existe parfois entre l’administration et les pratiques spirituelles quotidiennes.

Les responsables religieux appellent au dialogue

Du côté des pasteurs, certains tiennent à rassurer : ils affirment que leurs assemblées respectent les exigences légales et sont rattachées à des confessions reconnues par l’État. Ils rejettent les amalgames tout en plaidant pour un dialogue renforcé avec les pouvoirs publics. Le gouvernement, de son côté, assure que cette mesure n’a pas vocation à entraver la liberté de culte, mais à protéger les populations contre d’éventuels abus. Alors que les consultations se poursuivent avec les acteurs concernés, cette opération relance immanquablement le débat sur l’encadrement des mouvements religieux au Cameroun.

Aristide HAZOUME

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