Cinq patients ont quitté l’hôpital de Beni, guéris du virus Ebola. Pourtant, le bilan national s’alourdit avec plus de 6.000 cas et près de 3.000 décès. L’épidémie, déclarée hors de contrôle, continue de menacer l’est de la RDC.
L’est de la République démocratique du Congo tente de garder espoir. Dimanche, cinq personnes guéries d’Ebola ont quitté l’hôpital de Beni, au Nord-Kivu . Parmi elles figurait un professionnel de santé. Les survivants ont remercié les équipes médicales de Médecins sans frontières et de l’hôpital local. Ils ont exhorté leurs compatriotes à consulter rapidement en cas de fièvre. Le chef de la coalition de riposte a salué une « journée historique ». Mais cette lueur d’espoir est ternie par l’aggravation de la crise sanitaire. Les autorités ont annoncé que l’épidémie a dépassé les 6.000 cas confirmés . Le virus a fait 2.911 morts à ce jour, selon les derniers bilans .
Une propagation hors de contrôle
L’épidémie actuelle est la plus rapide et la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays . Déclarée en mai, elle serait active depuis février. Elle s’est étendue de trois à près de 60 zones sanitaires, touchant six provinces . L’OMS est « profondément préoccupée par l’ampleur et la rapidité » de la propagation .
Des conditions extrêmement difficiles
La riposte est entravée par l’insécurité et les déplacements de population. Les mouvements intenses de personnes compliquent le suivi des cas contacts. La situation est critique dans les sites de déplacés, où les conditions de vie sont précaires. La défiance des communautés et une grève des personnels de santé aggravent la crise. L’OMS craint que cette épidémie ne dépasse celle de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, qui avait fait plus de 11.000 morts .
Aristide HAZOUME