L’investisseur américain Joshua Kushner a publiquement regretté son rôle dans le projet controversé de privatisation de la Coupe du monde. Cette décision survient alors que l’UEFA prépare des poursuites pénales contre le président de la FIFA, Gianni Infantino.
L’homme d’affaires Joshua Kushner a brisé le silence. Investisseur principal pressenti pour le projet « FIFA Forward Enterprise », il affirme aujourd’hui regretter cette participation. « Si nous avions su dans quoi cela dégénérerait, nous ne nous serions pas impliqués », a-t-il déclaré. Kushner a reconnu avoir « sous-estimé les dynamiques politiques du football mondial ». Le projet visait à créer une filiale commerciale. Celle-ci aurait géré les droits du Mondial, avec une vente de 20 % des parts à des investisseurs privés, pour un montant de 4,2 milliards de dollars. Face aux critiques, la FIFA a abandonné l’initiative en juillet dernier. Les détracteurs, menés par l’UEFA, dénoncent un « accord opaque, conclu dans le dos des instances ».
Kushner face à la justice américaine
Joshua Kushner n’est pas accusé personnellement de malversations. Cependant, l’UEFA a demandé à un tribunal de New York de l’assigner à témoigner. L’instance européenne prépare une plainte pénale en Suisse. Elle vise Gianni Infantino pour « gestion déloyale ». L’UEFA estime que la valorisation du Mondial a été délibérément sous-évaluée, à environ 20 milliards de dollars. Malgré ses regrets, Kushner défend l’intention du projet. Il assure que l’objectif était de redistribuer plus équitablement les revenus aux 211 fédérations membres de la FIFA. La crise fragilise la position d’Infantino, candidat à sa réélection en 2027. L’UEFA, soutenue par d’autres confédérations, multiplie les pressions pour obtenir des réformes institutionnelles.
Aristide HAZOUME