Le Gabon annonce son entrée au capital du groupe minier français Eramet. L’État souhaite ainsi peser sur les décisions stratégiques liées au manganèse. Un vote décisif des actionnaires est prévu le 27 mai 2026.
Le Gabon veut peser sur la stratégie d’Eramet
Lors du sommet Africa Forward à Nairobi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema et la PDG Christel Bories ont acté l’intention gabonaise. L’État, déjà actionnaire à 28,9 % dans la filiale Comilog, vise désormais la maison mère Eramet. L’objectif est clair : imposer la transformation locale du manganèse brut. Une interdiction d’exporter ce minerai entrera en vigueur en janvier 2029. Le Gabon cherche aussi un siège au conseil d’administration.
L’augmentation de capital comme levier d’entrée
L’opération s’inscrit dans une augmentation de capital de 500 millions d’euros. Le groupe Eramet, qui a essuyé une perte nette de 477 millions d’euros en 2025, veut renforcer ses fonds propres. Les actionnaires actuels doivent voter cette résolution lors de l’assemblée générale du 27 mai. Selon plusieurs médias, la part gabonaise pourrait atteindre 5 %, sans confirmation officielle pour l’instant. Le directoire d’Eramet a simplement pris acte de l’intention de Libreville.
Un financement de 225 millions d’euros a parallèlement été scellé avec Proparco. L’objectif est de moderniser les 648 km du chemin de fer reliant Moanda au port d’Owendo. Ce projet, soutenu par la Société financière internationale (SFI), doit sécuriser le transport du manganèse. Un enjeu majeur pour l’économie gabonaise, puisque cette voie ferroviaire contribue à 20 % du PIB national.
Aristide HAZOUME