Un tribunal fédéral californien a rejeté la plainte d’Elon Musk contre OpenAI. Le jury a estimé que le milliardaire avait engagé ses poursuites hors des délais légaux. Cette décision renforce la position d’OpenAI dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.
Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, a subi un revers judiciaire majeur aux États-Unis. Lundi 18 mai, un jury fédéral d’Oakland, en Californie, a rejeté sa plainte contre OpenAI et son directeur général, Sam Altman. Après trois semaines d’audiences, les jurés ont conclu à l’unanimité que la plainte était prescrite. Selon eux, Elon Musk avait dépassé les délais légaux pour engager ses poursuites. La juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a immédiatement validé cette décision.
Des accusations de trahison
Le milliardaire accusait OpenAI d’avoir abandonné sa mission initiale non lucrative. Il dénonçait également un enrichissement personnel des dirigeants, censément tiré de l’intelligence artificielle générative. Créée en 2015, OpenAI devait initialement développer une IA bénéfique pour l’humanité. Elon Musk faisait partie des premiers soutiens financiers du projet, affirmant avoir versé 38 millions de dollars aux fondateurs. La société a ensuite créé une structure commerciale en 2019, une transformation qui a permis l’arrivée massive d’investisseurs, notamment Microsoft.
Durant le procès, Elon Musk a dénoncé une trahison des engagements fondateurs, tandis que Sam Altman a accusé son ancien partenaire de vouloir contrôler OpenAI. Plusieurs figures majeures de la Silicon Valley ont témoigné, parmi lesquelles Greg Brockman, Satya Nadella et Ilya Sutskever.
Une victoire stratégique pour OpenAI
Cette décision représente un succès judiciaire et stratégique pour OpenAI. Le procès menaçait ses ambitions financières ainsi que son futur projet d’introduction en Bourse. Selon Reuters, cette affaire aurait pu fragiliser une valorisation estimée à près de 1 000 milliards de dollars. Elon Musk prévoit désormais de faire appel. Le tribunal n’a toutefois jamais examiné le fond des accusations : le dossier a été rejeté uniquement pour cause de prescription judiciaire.
Aristide HAZOUME