Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud. L’annonce a été faite jeudi 16 avril par la police locale. Une procédure d’extradition est actuellement en cours.
Recherché par le Bénin, il est visé par un mandat d’arrêt. Les autorités béninoises l’accusent d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre. Très influent sur les réseaux sociaux, Kemi Seba compte près de 1,5 million d’abonnés. Il est connu pour ses positions critiques contre l’Occident et certains dirigeants africains.
Interpellation et accusations en Afrique australe
Selon la police sud-africaine, il a été arrêté lundi. Il était accompagné de son fils. Les autorités évoquent des faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe. Le passage aurait eu lieu via le fleuve Limpopo. Par ailleurs, au Bénin, il est poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Il est également accusé d’incitation à la rébellion.
Un contexte politique tendu au Bénin
Le 7 décembre, des militaires mutins ont annoncé à la télévision avoir renversé le président Patrice Talon. Cependant, cette tentative a échoué le même jour. L’armée béninoise a rapidement repris le contrôle. Elle a bénéficié du soutien d’alliés, notamment du Nigeria et de la France. Le jour des faits, Kemi Seba avait salué une prétendue « libération » dans une vidéo diffusée en ligne.
Opposant déclaré à Patrice Talon, il a déjà été interpellé au Bénin en 2019 et en 2023. En octobre 2024, il a été placé en garde à vue en France. Il était soupçonné de liens avec le groupe paramilitaire Wagner. L’enquête est toujours en cours. Des documents issus des « Wagner Leaks » évoquent un soutien financier passé. Ces éléments mentionnent également Evgueni Prigojine, aujourd’hui décédé.
Répression et surveillance internationale
Enfin, le Bénin figure dans un rapport de Freedom House. L’organisation évoque des pratiques de répression transnationale. L’évolution de la procédure d’extradition reste à suivre dans les prochains jours.
Aristide HAZOUME