La Chine a remanié plus de 30 % de ses cursus universitaires en cinq ans. Près de 12 200 formations ont été supprimées ou suspendues. Plus de 10 200 nouveaux programmes ont vu le jour. Objectif : aligner l’enseignement supérieur sur l’économie de l’intelligence artificielle.
L’ampleur de la réforme est inédite. Entre 2021 et 2025, les universités chinoises ont profondément remodelé leur offre. Les suppressions visent surtout les lettres, les sciences humaines, les langues étrangères et le management. À l’inverse, l’IA, la science des données, les semi-conducteurs et la robotique sont en plein essor.
Neuf universités ont ouvert des spécialisations en « intelligence incarnée ». C’est l’intégration de l’IA dans des robots interagissant avec le monde réel. L’Université des sciences et technologies de Shanghai a suspendu son cursus de design de produits. Le développement rapide de l’IA a bouleversé ce secteur.
Un marché du travail sous tension
La Chine fait face à un double défi. Près de 12,7 millions d’étudiants obtiennent leur diplôme en 2026. C’est un record historique. Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) atteint 15,6 % en mai 2026. Le taux d’embauche des diplômés est tombé à 30 %. Les autorités veulent réduire ce décalage entre les études et les débouchés.
Des cursus plus flexibles face à l’IA
Les établissements sont encouragés à s’adapter rapidement aux besoins du marché. En 2025, le ministère de l’Éducation a ajouté 29 nouveaux programmes. Parmi eux : « éducation à l’intelligence artificielle » et « ingénierie audiovisuelle intelligente ». L’enjeu dépasse le simple choix d’un diplôme. Il s’agit d’apprendre à s’adapter à un marché en mutation rapide.
Aristide HAZOUME