Dix jours après l’arrivée massive de migrants, Ceuta réclame des mesures fortes. Son président Juan Jesús Vivas propose un centre de rétention pour accélérer les expulsions. Le gouvernement central privilégie la réunification familiale, notamment pour les mineurs.
Les 30 et 31 juillet, environ 80 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc. Si 70 000 sont rapidement repartis, selon Madrid, Vivas estime que 8 000 à 11 000 personnes sont encore à Ceuta. Une situation qu’il juge « intenable ». Face à cette pression, le président de l’enclave a proposé lundi 10 août de créer « un espace servant de centre de rétention ». Objectif : confiner les migrants en attendant l’instruction de leur expulsion. Il réclame un « plan d’État » pour rétablir la normale.
Un fossé politique entre Ceuta et Madrid
Le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, s’est rendu sur place. Il a annoncé le renfort de 40 % d’effectifs de la Garde civile et de 30 % de policiers nationaux. Mais il n’a pas évoqué d’expulsions massives. Sa priorité : la réunification familiale des quelque 1 400 mineurs non accompagnés recensés.
Tensions sociales et craintes de nouvelles arrivées
Dimanche 9 août, 5 000 habitants ont manifesté. Ils exigent des réponses face à une crise qui délaisse leur ville. Les quatre communautés religieuses de Ceuta ont appelé à l’unité. Par ailleurs, des appels à une nouvelle traversée massive circulent sur les réseaux pour le 15 août. L’armée et la Garde civile ont suspendu les permissions.
Aristide HAZOUME