Des coupures d’électricité atteignant 14 heures par jour et une vague de chaleur exceptionnelle ont plongé Tripoli dans une crise majeure. Un mouvement de désobéissance civile paralyse la capitale et s’étend à l’ouest du pays, exigeant le départ du gouvernement.
Des coupures de courant prolongées attisent la colère
Les manifestations ont éclaté dans la nuit de dimanche à lundi. Les protestataires dénoncent des pannes électriques qui privent les foyers de courant jusqu’à 14 heures par jour . Les températures avoisinant les 50 degrés Celsius aggravent la situation. À Janzour, les manifestants ont bloqué la route côtière. Ils ont aussi ciblé les abords d’une centrale électrique. Des pneus ont été incendiés pour fermer des axes majeurs .
Les institutions publiques prises pour cible
Les actions de désobéissance civile visent directement l’État. Devant le ministère des Affaires étrangères, des camions ont déversé de la terre. L’objectif était d’empêcher l’accès au bâtiment . Les bureaux de l’opérateur public Libyana ont également été fermés . À Souq Al-Joumaa, les manifestants ont forcé leur fermeture. D’autres institutions comme la Banque centrale ont été bloquées . À l’origine de cette mobilisation, le « Mouvement de Souq Al-Joumaa » . Ce groupe, actif depuis 2025, appelle à la paralysie totale du gouvernement. Ses revendications incluent la lutte contre la corruption. Il réclame le départ du Premier ministre Abdulhamid Dabaiba .
Une crise aux multiples facettes
Le mouvement gagne du terrain. À Tajoura, les habitants boycottent les administrations publiques . La révolte s’étend désormais à Zawiya, Misrata et d’autres villes de l’ouest libyen . Les manifestants réclament le départ du gouvernement d’unité nationale. Certains appellent à la chute de toutes les autorités politiques actuelles, y compris à l’est .
Cette crise électrique révèle l’état désastreux des infrastructures . La vétusté du réseau, le manque d’investissement et la pénurie de gaz fragilisent le système . Le conflit entre le gouvernement Dabaiba et le président de la société électrique GECOL aggrave la situation . Le paradoxe est que cette crise survient alors qu’une délégation américaine est à Tripoli. La mission du conseiller présidentiel Massad Boulos vise à soutenir le processus de réunification nationale .
Aristide HAZOUME