Des hommes armés ont attaqué un village de l’État de Kaduna, dans le nord-ouest du Nigeria. Le bilan fait état d’au moins 30 morts, dont huit enfants. L’attaque, non revendiquée, plonge la région dans une nouvelle tragédie.
La violence a frappé le village de Naridon dans la nuit de dimanche à lundi. Les assaillants ont ouvert le feu au hasard et incendié des habitations . Le bilan provisoire fait état d’au moins 30 victimes, incluant des femmes, des personnes âgées et huit enfants . Quatre blessés sont recensés . L’ONG Amnesty International a condamné l’attaque avec la plus grande fermeté. Elle rapporte des scènes d’une rare violence : des familles entières tuées dans leurs chambres, des enfants égorgés . Un chef communautaire a confié qu’une famille a perdu six enfants, les assaillants ayant épargné les parents .
Des attaques récurrentes et une insécurité chronique
Naridon n’est pas une cible nouvelle. La communauté avait déjà été attaquée l’année dernière . L’absence de route carrossable complique l’intervention des secours et des forces de sécurité, arrivées plusieurs heures après le drame . Le nord-ouest et le centre du Nigeria sont en proie à des groupes armés. Ces “bandits” multiplient les raids meurtriers, les enlèvements et les vols de bétail . Les tensions foncières entre éleveurs nomades et agriculteurs, aggravées par les changements climatiques, alimentent ce cycle de violences .
Un contexte sécuritaire déjà critique
Parallèlement, le nord-est du pays est toujours en proie à l’insurrection des groupes islamistes Boko Haram et ISWAP. Aucune revendication n’a été formulée pour l’attaque de Kaduna. Le gouvernement de l’État a promis une opération de sécurité pour traquer les responsables . Cependant, des voix comme Amnesty International dénoncent l’incapacité des autorités à protéger les civils et à mettre fin à l’impunité dont jouissent ces groupes .
Aristide HAZOUME