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Peine de mort : Paris, épicentre mondial de la lutte pour l’abolition

Paris accueille, du 30 juin au 2 juillet, le 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort. Organisé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), cet événement majeur réunit responsables politiques, experts juridiques, organisations de défense des droits humains et anciens condamnés. Alors que la tendance globale est à l’abolition, les participants tirent la sonnette d’alarme face à la résurgence des exécutions dans plusieurs pays.

Paris, capitale mondiale de l’abolition

Pendant trois jours, la capitale française se mue en centre névralgique de la mobilisation abolitionniste. La Maison de la Radio, puis l’Hôtel de Lassay, accueillent des délégations venues des quatre coins du globe. Objectif : dynamiser la coopération internationale et accélérer le mouvement vers une abolition universelle. Si 114 États ont définitivement banni la peine capitale, des signaux inquiétants persistent. Plusieurs nations, loin de reculer, intensifient leur recours à la potence. La diplomatie française, par la voix de ses représentants, dénonce fermement l’instrumentalisation de la peine de mort comme outil de répression politique et de contrôle social.

Hausse des exécutions : les abolitionnistes sur le qui-vive

L’ONG ECPM pointe une concentration massive des exécutions dans un cercle restreint de pays. La Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak figurent en tête de ce triste classement. Les rapports d’organisations internationales font état d’une augmentation spectaculaire des mises à mort en Iran au cours des douze derniers mois, un chiffre qui glace les défenseurs des droits humains. Malgré ces régressions locales, les organisateurs rappellent que la dynamique planétaire reste favorable. Chaque année, de nouveaux États franchissent le pas de l’abolition. Un mouvement de fond que les militants entendent amplifier, en multipliant les actions de persuasion auprès des pays encore rétentionnistes.

Témoignages poignants : l’horreur des erreurs judiciaires

Le congrès donne la parole à des figures historiques du combat abolitionniste. Parmi elles, Philippe Maurice, dernier condamné à mort de France, gracié in extremis en 1981. À ses côtés, l’Américain Daniel Gwynn, dont le témoignage bouleverse l’assemblée : après avoir survécu près de trente ans dans le couloir de la mort, il a été innocenté.

« J’ai été victime d’une erreur judiciaire monstrueuse. La peine de mort ne dissuade pas, elle tue parfois des innocents. Des sanctions plus justes et plus humaines existent », martèle-t-il. Son récit illustre avec force l’irréversibilité tragique d’une condamnation capitale, et rappelle que la justice des hommes est faillible.Le congrès s’achèvera le 2 juillet sur une série d’engagements concrets. Objectifs : intensifier la pression diplomatique, soutenir les mouvements locaux et promouvoir sans relâche l’abolition universelle. La mobilisation, assurent les organisateurs, ne faiblira pas.

Aristide HAZOUME 

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