Le président congolais Félix Tshisekedi a institué dimanche un comité d’organisation du dialogue national. Ce dispositif est placé sous son autorité directe. L’opposition et l’épiscopat réclament une médiation neutre. Les discussions sur la participation des acteurs divisent déjà.
L’ordonnance présidentielle a été lue dimanche 13 septembre à la télévision nationale. Elle institue un « Comité d’organisation préliminaire » du dialogue national. Cet organe est placé sous l’autorité directe de Félix Tshisekedi. Il comprend un coordonnateur, un coordonnateur adjoint et des membres. Tous sont désignés par le président congolais. Un secrétariat technique de onze experts y est rattaché. Le comité rend compte directement au chef de l’État. Cette architecture concentre le processus entre les mains du pouvoir.
L’opposition exige une médiation neutre
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a pris position mercredi 16 septembre. Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général, a rappelé que « l’inclusivité n’est pas un simple slogan ». Pour lui, elle constitue « une exigence fondamentale » pour la crédibilité du processus. Marie-Ange Mushobekwa, cadre du FCC de Joseph Kabila, réclame une médiation neutre. « Cette neutralité s’incarne par la Cenco et l’ECC, accompagnées par l’Union africaine et l’ONU », a-t-elle déclaré. Elle exclut tout dialogue sous l’égide du pouvoir congolais.
Le cas M23 reste en suspens
Félix Tshisekedi a exclu la participation du groupe armé AFC/M23 au dialogue. Pour le gouvernement, les discussions avec ce mouvement relèvent d’autres cadres. Le processus de Doha reste le canal séparé pour les questions militaires. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a toutefois laissé la porte ouverte. Il précise que « toutes les revendications » pourront être examinées. Prochaine étape : la désignation des membres du comité.
Aristide HAZOUME