L’occupation meurtrière de la ville par la rébellion a duré cinq semaines. Human Rights Watch détaille des crimes de guerre. 62 corps et huit viols ont été documentés.
Le M23 a pris Uvira le 10 décembre 2025. La ville est tombée après la signature des accords de Washington. L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda avait été paraphé le 4 décembre sous médiation américaine. Puis les rebelles et l’armée rwandaise ont occupé la cité jusqu’au 17 janvier. Le rapport de HRW repose sur 130 entretiens. Les enquêteurs ont recensé 62 cas d’exécutions sommaires. Les victimes sont 54 hommes, deux femmes, cinq garçons et une fille. Huit femmes ont été violées. Au moins douze personnes ont disparu de force. Des tirs ont visé des civils en fuite. Un survivant de 12 ans a été abattu puis poignardé à la baïonnette. L’ONG a aussi visité trois fosses communes dans la ville.
Des fosses communes découvertes après le retrait
Le retrait du M23 le 17 janvier est intervenu sous pression diplomatique américaine. Dès le 28 février, les autorités provinciales ont confirmé deux fosses communes. 151 corps de civils y ont été exhumés, à Kavinvira et Kilomoni. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a qualifié ces actes de crimes de guerre au regard du Statut de Rome. Le 2 mars 2026, les États-Unis ont sanctionné l’armée rwandaise et quatre de ses hauts commandants. Washington les accuse de soutenir activement le M23. Le département d’État dénonce des exécutions sommaires et des violences contre les civils. L’armée rwandaise est interdite de transactions commerciales et financières avec les États-Unis.
Aristide HAZOUME