Face aux récentes tensions anti-migrants en Afrique du Sud, la police nigériane appelle à la retenue et renforce la sécurité sur son territoire. Abuja met en garde contre toute attaque visant les ressortissants ou les intérêts sud-africains présents au Nigeria.
Les autorités nigérianes ont lancé un appel au calme ce dimanche 31 mai 2026, alors que la police redoute des représailles contre les citoyens sud-africains vivant au Nigeria. Cette réaction fait suite à plusieurs manifestations anti-migrants observées ces dernières semaines en Afrique du Sud. Dans un communiqué officiel, la police nigériane a exhorté la population à respecter la loi et averti que toute attaque contre des ressortissants sud-africains serait sévèrement poursuivie. Les entreprises et représentations diplomatiques de l’Afrique du Sud bénéficient désormais d’une surveillance renforcée sur l’ensemble du territoire nigérian.
Abuja renforce la sécurité nationale
Cette décision fait suite à une réunion du Conseil conjoint du renseignement, présidée par le conseiller à la sécurité nationale. Lors de cette session, les agences de sécurité ont évalué les risques liés aux tensions actuelles et aux possibles débordements. Les forces de l’ordre ont renforcé la protection des sites stratégiques, avec une attention particulière pour les missions diplomatiques étrangères. Les autorités surveillent également les réseaux sociaux, craignant la diffusion de contenus provocateurs susceptibles d’attiser la colère. La police a rappelé que le gouvernement nigérian suit ce dossier de près. Abuja privilégie les canaux diplomatiques pour éviter toute escalade et assure travailler en étroite collaboration avec ses partenaires sud-africains.
L’Afrique du Sud sous pression migratoire
Depuis plusieurs semaines, des mouvements citoyens sud-africains réclament des mesures fermes contre l’immigration clandestine. Les manifestants accusent les migrants en situation irrégulière d’aggraver l’insécurité et les difficultés socio-économiques. Plusieurs pays africains suivent la situation avec inquiétude. Le Ghana a récemment rapatrié près de 300 de ses ressortissants, invoquant des préoccupations liées à leur sécurité. Le Nigeria a également enregistré des demandes de retour volontaire : plus de 130 Nigérians ont sollicité une assistance au rapatriement. Les autorités sud-africaines affirment de leur côté combattre toute forme de violence xénophobe. Les précédentes crises migratoires avaient déjà fragilisé les relations bilatérales entre Abuja et Pretoria ; les deux capitales cherchent désormais à éviter une nouvelle détérioration diplomatique.
Aristide HAZOUME