Ramaphosa rend hommage aux soldats sud-africains
À l’occasion du 110ᵉ anniversaire de la bataille de Delville Wood, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a participé à une cérémonie commémorative en France. Il a plaidé pour une reconnaissance élargie de tous les combattants, en particulier les milliers de soldats et travailleurs noirs longtemps ignorés par l’histoire officielle.
Le dimanche 12 juillet, Cyril Ramaphosa s’est rendu au Mémorial national sud-africain de Longueval, dans la Somme, pour honorer la mémoire des soldats tombés durant la Première Guerre mondiale. La cérémonie marquait le cent-dixième anniversaire d’un des affrontements les plus sanglants de la bataille de la Somme : en 1916, la 1ʳᵉ brigade d’infanterie sud-africaine avait défendu le bois de Delville contre les forces allemandes. Sur près de 3 000 hommes engagés, de très nombreux ont péri dans cet enfer de feu et de boue.
Après avoir déposé une gerbe de fleurs, le chef de l’État a prononcé un discours au cœur du mémorial, en présence de responsables militaires français et sud-africains, du préfet de la Somme, ainsi que d’habitants de Longueval. Les hymnes nationaux ont accompagné les hommages dans une atmosphère recueillie.
Une mémoire inclusive, une exigence présidentielle
Dans son intervention, Cyril Ramaphosa a fermement insisté sur la nécessité de sortir d’un récit trop exclusif. « L’histoire militaire sud-africaine ne saurait se limiter à glorifier les soldats blancs, a-t-il souligné. Elle doit pleinement intégrer le rôle des milliers de travailleurs noirs qui, bien que privés du droit de porter les armes, ont porté l’effort de guerre. » Plus de 20 000 Sud-Africains noirs ont ainsi servi en France comme manutentionnaires, bâtisseurs de routes et soutiens logistiques des troupes alliées. Leur apport, relégué dans l’ombre par le système raciste de l’époque, est resté longtemps marginalisé.
Le président a cité un symbole frappant : Beleza Miengoua, le seul soldat noir d’Afrique du Sud dont le nom figure sur le mémorial de Delville Wood. Un cas qui illustre, selon lui, l’urgence d’un devoir de mémoire plus juste et plus complet.
Un héritage à transmettre
Au-delà de l’hommage, Cyril Ramaphosa a appelé à faire de ce souvenir un outil de compréhension historique pour les générations futures. La bataille de Delville Wood demeure un jalon douloureux de l’histoire militaire sud-africaine, mais aussi un rappel universel des sacrifices humains infligés par les grands conflits mondiaux. « Préserver la mémoire de tous les combattants, quelles que soient leur couleur ou leur condition, est une responsabilité collective », a-t-il conclu.
Aristide HAZOUME





