La justice malienne juge ce mardi six personnes accusées de « tentative de complot contre le gouvernement ». Parmi elles, l’ex-secrétaire général de la présidence et l’ancien chef de la Sécurité d’État. Détenus depuis près de cinq ans, ils clament leur innocence.
Le procès s’ouvre devant les chambres criminelles de la cour d’appel de Bamako. Les six prévenus comparaissent pour « tentative de complot contre le gouvernement ». Ils sont accusés d’avoir fomenté un coup d’État après le second putsch de mai 2021. Parmi eux figurent le colonel Kassoum Goïta, ancien directeur de la Sécurité d’État, et Kalilou Doumbia, ex-secrétaire général de la présidence sous Bah N’Daw. Les autres mis en cause sont un adjudant-chef, un commissaire de police, un opérateur économique et un marabout.
Des proches de l’ancien président visés
Arrêtés à l’automne 2021, ils ont été détenus au secret pendant des mois. Leurs avocats dénoncent un « procès politique » visant les fidèles de Bah N’Daw. Ce dernier avait été renversé par la junte après avoir tenté un remaniement gouvernemental. En juin 2022, la justice avait mis deux accusés hors de cause sans les libérer. En janvier 2023, la cour d’appel a renvoyé les six devant la cour d’assises. La réforme du code pénal a depuis transformé cette juridiction en chambres criminelles.
Tortures et détention prolongée
Selon Human Rights Watch, les détenus ont subi des tortures durant leur détention. Des décharges électriques et des simulations de noyade ont été documentées. Leurs avocats ont porté plainte pour torture contre le directeur de la Sécurité d’État. Cinq ans après les faits, la plainte est restée sans suite. Les prévenus réclament leur libération et clament leur innocence.
Aristide HAZOUME