Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé mercredi 16 septembre 2026 la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif et du parti au pouvoir au Nicaragua. Le rapport documente un démantèlement progressif des institutions démocratiques et une répression systématique.
Une mainmise quasi totale sur les institutions
Volker Türk a présenté un rapport accablant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Le texte couvre la période de juin 2025 à juin 2026. Il documente “la capture presque totale des institutions étatiques” par le Frente Sandinista de Libération Nationale (FSLN). Le parti au pouvoir contrôle le législatif, les 153 municipalités et les deux conseils régionaux de la côte caraïbe. Aucun vote contre ni abstention n’a été enregistré lors des 185 scrutins parlementaires analysés. Début septembre, l’Assemblée nationale a approuvé une réforme constitutionnelle en première lecture. Ce texte empêche les opposants de se présenter aux élections. Il prolonge aussi le mandat présidentiel de six à sept ans. La réforme doit être votée une seconde fois en 2027 pour entrer en vigueur.
Détentions arbitraires et impunité généralisée
Le rapport qualifie les détentions arbitraires de principal outil de répression. Au moins 46 personnes restaient détenues à la fin de la période couverte. Les auteurs recensent aussi huit cas de disparition forcée et quatre décès en détention. Ces chiffres pourraient être plus élevés. L’ONU invoque l’absence d’accès au pays et le refus de coopération des autorités. “La situation est complètement indéfendable”, a déclaré Volker Türk. “Presque plus rien ne reste à fermer”, a-t-il ajouté. Quatre nouvelles organisations de la société civile ont été contraintes de fermer en un an. Le total des entités dissoutes arbitrairement atteint 5 539 en huit ans. Au moins 56 médias ont également été clôturés. Le Haut-Commissaire appelle à la libération de tous les détenus arbitrairement.
Aristide HAZOUME