Afrique du Sud : Les catamarans fragilisés par les taxes américaines
L’industrie sud-africaine des catamarans de luxe traverse une zone de turbulences. Les droits de douane imposés par les États-Unis premier marché mondial pour la construction nautique sud-africaine perturbent les exportations et jettent un doute sur la stabilité du secteur.
L’Afrique du Sud conserve son rang parmi les leaders mondiaux du catamaran de luxe, se maintenant à la deuxième place derrière la France. En 2024, le secteur nautique sud-africain représentait près de 298 millions de dollars, dont environ 90 % de la production locale est destinée à l’exportation. Selon le South African Boat Builders Export Council, près de 275 unités sortent chaque année des chantiers nationaux. Les États-Unis en sont historiquement le débouché principal. Toutefois, les nouvelles taxes américaines ont fortement ralenti les commandes étrangères.
Depuis avril 2025, les droits de douane appliqués varient entre 10 % et 30 %. Ces mesures, instaurées sous l’administration de Donald Trump, ont été suspendues par la justice américaine en février 2026, la Cour suprême les jugeant illégales. Malgré cette suspension, l’incertitude persiste : les acheteurs américains restent prudents, ce qui continue de perturber le marché nautique mondial.
Face au blocage américain, les constructeurs cherchent de nouveaux débouchés
Au Cap, l’entreprise Knight Yachts, spécialisée dans les catamarans à voile et électriques, subit une baisse progressive des commandes américaines. Son copropriétaire, Kevin Knight, dénonce « un climat économique instable » où les clients hésitent désormais à finaliser leurs investissements. En réaction, les constructeurs sud-africains accélèrent leur diversification :
· Ils ciblent davantage les marchés européens pour réduire leur dépendance commerciale envers les États-Unis.
· Ils misent sur les technologies écologiques, notamment les modèles électriques, qui attirent une clientèle sensible aux enjeux environnementaux.
Les catamarans électriques, vecteur de transition
Allan Knight (sans lien précis avec Kevin Knight ? Le texte mentionne les deux prénoms ; je propose de clarifier) estime que l’innovation reste essentielle pour l’avenir. Les nouvelles batteries lithium améliorent nettement les performances des embarcations électriques. La demande mondiale progresse pour des solutions maritimes plus durables, et les crises énergétiques successives accélèrent cette transformation industrielle. Le ralentissement touche également les fournisseurs et sous-traitants sud-africains spécialisés. Malgré les tensions commerciales, le secteur entend préserver sa compétitivité internationale. L’industrie sud-africaine espère désormais transformer cette crise en opportunité durable en misant sur l’innovation et la conquête de nouveaux marchés d’exportation.
Aristide HAZOUME





