La conférence internationale de Santa Marta s’est achevée ce 29 avril en Colombie. Plus de 50 pays y ont participé pour accélérer l’abandon des énergies fossiles. Organisée par la Colombie et les Pays-Bas, cette rencontre vise à répondre aux blocages récurrents des COP.
Le président colombien Gustavo Petro a appelé à rompre avec le pétrole et le charbon, insistant sur l’urgence d’agir face aux risques climatiques et géopolitiques mondiaux. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du Traité de non-prolifération des combustibles fossiles. Une seconde édition est déjà annoncée pour 2027, sous l’impulsion de Tuvalu.
Des freins économiques et géopolitiques persistants
La transition énergétique reste cependant confrontée à des défis majeurs. De nombreux pays dépendent encore fortement des revenus du pétrole et du charbon. La Colombie elle-même tire une part importante de ses exportations de ces ressources : le changement de modèle économique demeure progressif et complexe. Par ailleurs, la crise énergétique mondiale, exacerbée par les conflits internationaux, a entraîné une hausse des prix du pétrole et du gaz. Dans ce contexte, certains États défendent une transition pour garantir leur sécurité énergétique. Mais les plus grands émetteurs mondiaux étaient absents de la conférence, ce qui limite la portée immédiate des engagements pris à Santa Marta.
Une nouvelle dynamique pour peser sur l’agenda climatique mondial
Malgré ces limites, la conférence marque une avancée politique significative. Elle vise à constituer une coalition capable d’influencer les futures négociations climatiques. Plusieurs initiatives concrètes ont émergé, notamment la création de groupes d’experts pour accompagner les États dans leurs politiques énergétiques. L’objectif est de dépasser les blocages liés au consensus imposé par les COP. À moyen terme, cette mobilisation pourrait renforcer la pression internationale et accélérer la transition vers des énergies durables. Santa Marta apparaît ainsi comme un point de départ pour une coopération élargie, susceptible de redéfinir les priorités énergétiques mondiales dans les prochaines années.
Aristide HAZOUME