Société

Crash Rio-Paris : Airbus et Air France condamnés en appel

La cour d’appel de Paris a condamné Air France et Airbus jeudi 21 mai. Les deux groupes ont été reconnus coupables d’homicides involontaires dans le crash du vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris, qui avait provoqué la mort de 228 personnes en juin 2009.

La justice française condamne Airbus et Air France

La cour d’appel de Paris a estimé les deux entreprises « seules responsables » du drame. Les juges ont prononcé la peine maximale de 225 000 euros d’amende contre chacune d’elles. Cette décision marque un important revirement judiciaire après la relaxe prononcée en première instance en 2023. Le procès en appel s’est déroulé sur plusieurs semaines à Paris. Air France et Airbus ont réagi différemment. Si la compagnie aérienne n’a pas immédiatement annoncé ses intentions, l’avionneur Airbus a quant à lui indiqué qu’il se pourvoirait en cassation, contestant fermement sa condamnation pénale.

La justice reproche à Air France une formation insuffisante des pilotes, ainsi qu’un manque d’informations concernant les sondes Pitot. À l’égard d’Airbus, les juges estiment que l’entreprise a sous-évalué certains risques techniques et n’a pas suffisamment alerté les compagnies aériennes. Les familles des victimes saluent une décision historique pour l’aviation civile internationale. Plusieurs proches parlent d’une victoire judiciaire après seize années de procédure. Danièle Lamy, mère d’une victime, a déclaré que « la sécurité aérienne doit désormais primer sur les intérêts économiques ».

Le crash AF447, pire drame aérien français

Le vol AF447 reliait Rio de Janeiro à Paris le 1er juin 2009. L’Airbus A330 s’est abîmé dans l’océan Atlantique pendant la nuit, causant la mort de 216 passagers et 12 membres d’équipage. Les victimes provenaient de 33 nationalités différentes. Les enquêteurs du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) ont identifié le givrage des sondes Pitot – qui mesurent la vitesse de l’appareil comme élément déclencheur du drame. L’accident s’est produit dans une zone météorologique difficile appelée « Pot au noir ». Les boîtes noires n’ont été retrouvées que près de deux ans après le crash. Durant les audiences, Airbus et Air France ont contesté toute responsabilité pénale directe, mettant en avant des erreurs humaines commises dans l’urgence. La décision de la cour d’appel pourrait désormais relancer plusieurs débats sur la sécurité aérienne mondiale.

Aristide HAZOUME 

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