À quelques jours de la Tabaski, les marchés sénégalais font face à une forte pénurie de moutons. Les difficultés sécuritaires au Mali perturbent gravement l’approvisionnement habituel du Sénégal. Cette situation entraîne une flambée des prix et inquiète de nombreuses familles à l’approche de l’Aïd el-Kebir.
L’insécurité au Mali perturbe fortement l’approvisionnement sénégalais
Chaque année, des milliers de moutons arrivent du Mali vers les marchés sénégalais, permettant de répondre à la forte demande précédant la Tabaski. Mais cette année, plusieurs axes commerciaux restent menacés par l’insécurité dans le nord et le centre du Mali. Des attaques jihadistes compliquent le transport du bétail vers le Sénégal. De nombreux commerçants sénégalais ont suspendu leurs déplacements vers le Mali, craignant des attaques sur les routes commerciales régionales. Djiby Sow, vendeur de moutons, constate une baisse inhabituelle du nombre d’animaux disponibles. Selon lui, les voyages commerciaux vers le Mali sont devenus trop risqués.
Cette diminution de l’offre provoque une hausse rapide des prix sur plusieurs marchés sénégalais, et les clients dénoncent des tarifs désormais difficiles à supporter. Sur certains marchés, les moutons dépassent actuellement 250 000 francs CFA, alors que l’an dernier, des animaux similaires coûtaient environ 150 000 francs CFA. Le gouvernement sénégalais avait pourtant annoncé des mesures pour faciliter l’approvisionnement avant la fête, mais celles-ci peinent à endiguer la tension.
Les éleveurs craignent une hausse générale des prix
Les professionnels du secteur alertent également sur l’augmentation des coûts de production. Les prix des aliments pour bétail progressent depuis plusieurs mois, et le coût du transport régional augmente en raison de l’insécurité et du prix du carburant. Ces charges pèsent lourdement sur les commerçants et les éleveurs. Ismaila Sow met en garde contre de futures tensions alimentaires : selon lui, les prix de la viande pourraient également augmenter prochainement.
La Tabaski représente une période économique essentielle pour les éleveurs sénégalais, car cette fête musulmane génère traditionnellement une forte activité commerciale dans tout le pays. De nombreuses familles craignent désormais de ne pas pouvoir acheter de mouton cette année, et plusieurs consommateurs espèrent une baisse des prix avant les célébrations religieuses. Les autorités sénégalaises suivent attentivement l’évolution du marché du bétail avant la Tabaski.
Aristide HAZOUME