Malgré l’opposition des écologistes et des pêcheurs, la Namibie a donné son feu vert à un projet de dragage des fonds marins pour extraire du phosphate, une première mondiale qui suscite de vives inquiétudes pour l’écosystème.
La Namibie a franchi un pas historique et controversé. Le gouvernement a accordé un certificat environnemental au projet « Sandpiper » . L’opérateur, Namibian Marine Phosphate (NMP), prévoit de draguer les fonds marins à 120 km des côtes . Cette décision ouvre la voie à la première opération commerciale mondiale de ce type . Le projet prévoit l’extraction de trois millions de tonnes de concentré de phosphate par an . Cependant, NMP a précisé qu’aucune opération ne débutera immédiatement . L’entreprise doit encore finaliser l’obtention de permis supplémentaires .
Exploitation minière sous-marine : quels sont les risques pour l’environnement ?
La décision a provoqué une vive inquiétude parmi les scientifiques. La biologiste marine Bronwen Currie a alerté sur les risques majeurs pour l’écosystème . Le dragage pourrait libérer des métaux lourds et des substances toxiques enfouies dans les sédiments . Ces polluants risquent de pénétrer la chaîne alimentaire et de compromettre les stocks de poissons . L’ONG Ocean Conservation Namibia a dénoncé une décision qui ferait du pays un « cobaye de la planète » .
Le secteur de la pêche namibien monte au créneau
L’opposition est également forte dans le secteur de la pêche, pilier de l’économie locale. La Confédération des associations de pêche a menacé de contester la validité de l’autorisation en justice . Par ailleurs, le président de la République a fait savoir qu’elle n’était pas favorable à ce projet, comme le rapporte le média local The Namibian .
Aristide HAZOUME