Le tribunal correctionnel de Paris juge, depuis ce mardi 8 septembre, quatorze passeurs présumés. Ils répondent du naufrage le plus meurtrier jamais recensé dans la Manche. Le 24 novembre 2021, 31 migrants avaient péri ou disparu au large de Calais.
L’embarcation pneumatique, surchargée et non homologuée, avait coulé au petit matin. Les victimes, âgées de 7 à 46 ans, venaient majoritairement d’Afghanistan et de la zone irako-kurde. Dix-sept hommes, sept femmes, deux adolescents et une fillette avaient été retrouvés. Trois Irakiens et un Égyptien restent portés disparus. Seuls un Somalien et un Irakien ont survécu au drame. Les quatorze prévenus sont poursuivis pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et association de malfaiteurs. Deux d’entre eux seront jugés par défaut, visés par un mandat d’arrêt. Ils contestent en partie leur implication dans les faits.
Une enquête distincte vise les secours
Cent quatorze parties civiles sont constituées dans cette procédure, dont des proches venus d’Erbil. Un second volet, toujours instruit séparément, concerne sept militaires français. Cinq appartiennent au centre régional de surveillance et de sauvetage. Deux autres servaient sur un navire patrouilleur. Ils sont mis en examen depuis 2023 pour non-assistance à personne en danger. Une enquête britannique avait pointé un retard d’environ douze heures des secours. Cette procédure distincte pourrait déboucher sur un second procès. L’avocat Matthieu Chirez représente 113 parties civiles dans ce dossier. Il réclame que justice soit rendue à toutes les victimes. Les traversées de la Manche vers le Royaume-Uni restent nombreuses chaque année.
Aristide HAZOUME