Société

Xénophobie : Julius Malema désapprouve le rapatriement ghanéen

Le leader des Economic Freedom Fighters Julius Malema (EFF) a vivement critiqué le rapatriement des ressortissants ghanéens, jugé trop hâtif par Accra. Face aux tensions xénophobes persistantes, il appelle à une réponse diplomatique coordonnée, tandis que Pretoria et Accra assurent vouloir préserver leurs relations bilatérales.

Un rapatriement contesté et désapprouvé

Julius Malema, chef du parti sud-africain Economic Freedom Fighters (EFF), s’est exprimé jeudi à Johannesburg pour dénoncer la décision du Ghana d’évacuer ses ressortissants vivant en Afrique du Sud. Selon les autorités ghanéennes, près de 300 citoyens ont déjà quitté le territoire sud-africain, les premiers vols étant arrivés à Accra le 27 mai dernier. Cette opération de rapatriement fait suite à une recrudescence des violences xénophobes dans le pays. Des attaques ciblant des communautés étrangères ont récemment créé un climat d’inquiétude généralisée, poussant Accra à agir.

Mais Julius Malema a estimé que cette décision était « précipitée » et « inutile ». Selon lui, les violences anti-étrangères ne concernent qu’« un groupe limité d’individus », et le gouvernement sud-africain devrait plutôt fermement sanctionner les responsables. Le leader des EFF, qui condamne régulièrement les violences anti-africaines dans son pays, plaide pour une approche davantage diplomatique entre les deux États et réclame une meilleure protection des droits des migrants africains.

Malgré ces tensions, Pretoria et Accra affichent leur volonté commune de préserver leurs relations bilatérales. Les deux gouvernements réaffirment leur engagement en faveur de la protection des migrants africains. Les autorités sud-africaines promettent de renforcer les mesures sécuritaires nationales afin de rassurer les communautés étrangères vivant sur leur sol.

La situation reste toutefois préoccupante. Selon plusieurs médias ghanéens, environ 800 citoyens souhaiteraient désormais quitter l’Afrique du Sud. Des organisations de défense des droits humains s’inquiètent de ces nouvelles poussées xénophobes, régulières dans le pays et visant souvent des migrants africains installés dans les grandes villes. Accra maintient un dialogue permanent avec Pretoria depuis le début de la crise et suit l’évolution de la situation avec attention. Alors que les appels au calme se multiplient des deux côtés, cette affaire relance les inquiétudes sur l’immigration régionale en Afrique australe.

Aristide HAZOUME 

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